ARMIGA – le test

l’Armiga est un projet d’émulateur portable développé via kickstarter par l’Armiga Team un collectif espagnol.
Il existe deux versions: un modèle équipé d’un lecteur de disquettes 3,5″ et un modèle moins onéreux dépourvu de lecteur.
J’ai déboursé 188€ (frais de ports inclus) pour acquérir la version complète afin de tenter de dumper
mon stock de floppy qui dormait dans les placards chez mes parents.

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La bête:
Equipée d’une carte CubieBoard 2 avec SoC A20 AllWinnerTech (ARM A7 Dual-Core + GPU Mali4000, 1 Go de mémoire en DDR3, un NAND de 3,4 Go)
contenant Linux Ubuntu et un Android 4.4.2, l’engin est assez puissant pour émuler un Amiga 500 voire un Amiga 1200 mais de manière imparfaite car ce dernière est en béta version.
Côté connectiques: deux ports USB (connecter un Hub est possible), un mini USB, un port Ethernet et une sorti HDMI 720p permettent de raccorder l’Armiga.
Un OS se lance automatiquement permettant de jouer aux trois jeux proposés sur le carte SD de l’appareil, sélectionner une clef usb, sélectionner les contrôles joystick/souris/clavier, choisir la résolution (4:3 / 3:2 / 16:9).
Options sympas: le « save states » qui permettra de sauvegarder sa progression dans un jeu pour reprendre sa partie ultérieurement ainsi qu’un mode de capture d’écran pour réaliser de beaux Jpeg.
Le menu de sélection souffre d’un défaut: il faut appuyer à chaque fois sur la flèche du bas pour descendre dans une liste de choix.
Pas très pratique quand on a mis 300 jeux dans un dossier et que l’on doit se rendre en fin de liste pour jouer à Xenon 2.
J’ai remarqué que si je laissais la machine tourner 10mn sans intervenir, un freeze se produisait sans que je puisse naviguer dans les menus conduisant à un inévitable hard reset.
Côté coque l’apparence est réussis et fidèle à l’esthétique Commodore.
C’est un moulage sans doute réalisé grâce à une imprimante 3D, le logo manque de finition et le plastique de la coque est très (trop?) fin

Les jeux:
La machine utilise les fichiers .adf, les autres formats tels que les .ipf ne sont pas acceptés.
J’ai testé plus d’une cinquantaine de jeux…et tout ne fonctionne pas au poil!
Les jeux les plus anciens (de 87 à 89 environ) tels que Aaargh, Extase, Civilisation, Captain Blood ne se lancent pas plus loin que le premier écran.
Je soupçonne que les jeux codés à partir d’un Atari ST et qui furent portés à la va vite plantent l’émulateur.
Heureusement moins de soucis avec les softs qui sont des exclusivités Amiga: animation, graphismes et sons impeccables (hormis la synthèse vocale du Manoir de Mortevielle),
pas de latence sur la jouabilité comme l’on peut rencontrer sur la mini Nes: la machine réagit au quart de tour.
Défaut encore: à moins de connecter un clavier USB, il vous sera impossible de jouer facilement à des jeux qui mélange deux contrôleurs. Walker, par exemple nécessite la souris et le clavier en même temps.
Le clavier virtuel est une bonne idée mais fastidieux dans son utilisation, affichage petit et une touche sélectionnable à la fois (ce qui est normal me direz-vous)
mais impraticable pour les jeux nécessitant l’action rapide sur plusieurs touches tels que la série des pinballs Dreams/Fantasy…
La souris virtuelle n’est pas très précise et il faudra être patient pour atteindre son icône, évitez de jouer aux voyageurs du temps donc!
Le déplacement du curseur est lent (afin d’améliorer la précision je suppose) et devient un handicap dans un jeu comme Shufflepuck Cafe où la rapidité est indispensable.
Il reste quelques softs qui connaissent des soucis: gros bug graphique sur Superfrog, quelques jeux tournent en accélérés: Body Blows, First Samuraï et Brutal Sport Football sont injouables.
Parfois c’est légèrement accéléré et cela rend finalement l’animation plus fluide comme pour Wings où le pilotage s’en trouve facilité.
Tous les jeux AGA ne tournent pas tous en mode 1200, peut-être que de futures mise à jours corrigerons le problème.
Les trois jeux présents sont des « die & retry homebrews » sans grand intérêt, des sous Rick Dangerous vite oubliés.
Pour finir les temps de téléchargements ont été accélérés mais pas suffisamment à mon goût, cela aurait mérité un option comme sous WinUAE qui permet un réglage de lecture jusqu’à 800% de vitesse supplémentaire.

Les démos:
J’ai testé les grands classiques: Arte, World of Commodore, State of the arts, Substance, Odyssey, 3D demo…
Aucune n’a fonctionné sans incident: il a toujours eu une accélération de vitesse de lecture à un moment donné, Substance est restée coincée à l’écran titre.

Le Dump:
Gros fail de se côté là pour moi car mes disquettes semblent mortes: j’ai juste réussis à importer la disquette 2 de Génésia.
Mes disquettes regroupant mes graphismes sous Deluxe Paint, mes musiques sous Protracker restent muettes…le temps semble avoir fait son œuvre 🙁

Conclusion:
Je recommande ce produit uniquement pour les fanas qui souhaitent se déplacer souvent avec moins de deux kilos de matériel pour jouer un peu partout.
Il conviendra également à tous ceux qui souhaitent jouer rapidement en plug & play sans se prendre la tête à devoir configurer un émulateur.
Le catalogue jeux fonctionnels est très important et il est fort possible que de futures mises à jour permettent d’amélioré le ratio.
WinUAE reste à mon sens beaucoup plus performant pour faire tourner tous les jeux sans soucis.
Le prix n’étant pas donné, à partir de 138€ (frais de port inclus) pour la version simple, mieux vaut réfléchir sur son utilité.
Pour faire uniquement du Dump il vaudra mieux avoir recours a des solutions moins onéreuse, pour jouer on trouve dans le même prix le Mist qui émule également l’Atari ST.
Et tout simplement l’Armiga n’étant pas à 100% compatible, on ne peux pas jouer à tous les jeux: bref ce n’est pas encore la machine ultime qui remplacera notre bon vieil Amiga!

Mise à jour après deux mois d’utilisation:

Après avoir installé les deux mises à jour proposées par Armiga Project, je constate que la machine tourne beaucoup mieux.
Les vieux jeux se lancent désormais sans problème à présent, la compatibilité devient très satisfaisante.
Le mode Amiga 1200 me semble bien plus stable, là encore les jeux qui ne passaient pas fonctionnent à présent.
Un nouveau menu permet de paramétrer les touches de son joypad pour ceux qui souhaiteraient configurer le saut ou une arme secondaire sur un bouton d’action.
J’ai pu tester l’engin avec un clavier USB et ô joie ! à moi les parties de flippers endiablées de la série des Pinball de Digital Illusion, même si des reconfigurations de touches furent parfois nécessaires.
J’ai pu enfin faire un test efficace de la fonction dumping grâce aux 8 disquettes viables généreusement données par Alexis Boucher que je remercie pour sa gentillesse et sa patience envers son bureau de poste.
Sur les 8 disquettes, 7 fichiers adf furent créés, le dump fonctionnera donc bel et bien si vos disquettes sont encore en état.
Reste à corriger une navigation un peu laborieuse quand on a un dossier avec des centaines de fichiers adf : une fonction ascenseur serait la bienvenue lors d’une prochaine mise à jour.
Selon moi l’Armiga est une bonne machine qui permet de d’emporter ses jeux préférés partout avec soi (à la plage, à la montagne, à la campagne, chez les nudistes…) avec un faible encombrement dans la valise.
Et surtout c’est un appareil facile d’utilisation pour ceux qui ne sont pas férus de paramétrages d’émulateur.
Dommage que le prix ne soit pas plus bas car à une centaine d’euros cela aurait été le bon plan.

Compatibilité : 8/10
Ergonomie : 6/10
Qualité de fabrication : 6/10
Qualité d’émulation : 7/10
Prix : 5/10
Note Globale: 7,5/10

Les plus :
-Trimbaler son « Amiga » partout avec soi, même chez mémé
-Le design
-On branche à sa télé et ça marche tout de suite
-Le save states
-Turrican 2 fonctionne

Les moins :
-Gestion de l’AGA encore en béta version
-L’interface clavier virtuel (mieux vaut en connecter en USB)
-Le mode souris peu précis et lent
-Aucun mode de réglages pour « calmer » la rapidité de l’émulation
-Le prix (plus de trois fois un Raspberry Pi ou une mini Nes)

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