Extase – Chronique

Mais que pouvait-il bien se passer dans la tête de la bande de Cryo/Exxos/Ere Informatique pour nous pondre des concepts aussi barrés ?
Il faut avouer que Philippe Ulrich et Rémi Herbulot avaient les coudés franches pour laisser libre court à leurs imaginations débordantes qui permirent la création de jeux hors du commun.
Et ce sont de véritables OVNIs (Objets Vidéoludiques Non Identifiés) qui sortirent de cette manufacture tels que l’arche du Captain Blood, Kult, Purple Saturn Day et… bien évidement Extase la perle dont il question aujourd’hui.

Extase est un puzzle game qui ne laisse pas insensible par son côté étrange.
Fascinant de par son interface mystique qui dans tous les tableaux présente le visage blanc et froid d’un androïde à qui il faudra apprendre des sentiments humains.
Au programme des huit niveaux du jeu il y aura le rêve, le déchirement amoureux, la peur, le stimulus des idées, la folie, la crise mystique, la vision et finalement l’extase.
Pour permettre à l’entité d’évoluer, il vous faudra tracer un chemin à travers le circuit électrique pour permettre aux impulsions de circuler du générateur jusqu’au cerveau.
Le circuit se complexifiant au fur et à mesure des tableaux, vous devrez jouer sur des aiguillages pour répartir les impulsions vers différents chemins dont un générateur de fusibles.
Car des fusibles vous en aurez besoin ! à chaque fois que vous activerez votre curseur pour tracer une piste, une contre impulsion sera générée pour contrer votre avancée et vous détruire tel un virus.
Si la contre-impulsion rencontre un fusible, automatiquement ce dernier sera grillé empêchant votre passage ainsi que celui des impulsions positives.
Grace à votre curseur symbolisé par une bulle il sera toujours possible d’annihiler la contre impulsion avant qu’elle ne fasse des dégâts.
Le jeu se pratiquera toujours contre un adversaire, soit seul contre l’ordinateur ou bien à deux avec un copain, dans les deux cas ça sera un contre la montre où il ne faudra pas perdre de temps pour trouver la bonne combinaison.
Vous pourrez toujours tenter d’intervenir sur le circuit de l’adversaire, lui piquer des pièces ou même de générer des contre-impulsions sur son réseau si la couardise vous en dit,
mais sachez que l’ordinateur ne se laissera pas faire et pourra se venger !

Graphiquement c’est très agréable à l’œil, stylisé mais très lisible, le joueur ne sera pas perdu et comprendra très vite les différentes fonctions du circuit.
Certes l’ensemble peut paraître dépouillé mais au moins l’écran n’est pas surchargé d’infos et se concentre sur l’essentiel.
L’animation du visage est un régal, les sentiments sont très bien reproduits et chaque ressenti est parfaitement reconnaissable. Un travail soigné qui met en avant les émotions.
Une jouabilité qui laisse enfin le choix entre le joystick et la souris, chacun pourra doser comme il l’entend l’avancé de son curseur à travers les pistes parfois labyrinthique du circuit.
Le gameplay en plus d’être original est très intuitif, la prise en main est rapide et on intègre rapidement la logique des circuits.
Je termine par la cerise sur le gâteau : la musique. Non seulement Stéphane Picq a écrit une mélodie différente pour chaque tableau,
mais ces dernières sont interactives et évolueront en fonction de la progression du joueur. Chaque action du joueur sur le circuit créera un élément sonore qui s’intègrera parfaitement au thème interprété.
Encore aujourd’hui on ne peut qu’être stupéfait par l’inventivité du compositeur pour renforcer l’immersion du joueur.
Quant aux voix bulgares utilisées dans l’intro c’est un délice pour les oreilles, c’est percutant et pertinent ; peu de musiques de l’époque pouvaient prétendre coller aussi bien à l’identité d’un jeu.

Le jeu est proprement génial, malin dans sa conception, très imaginatif et surtout très prenant.
A deux c’est l’extase ! donnant lieu à des parties endiablées à celui qui ira le plus vite, se battant pour récupérer les fusibles dans le générateur.
Je recommande vivement d’y jouer avec un copain pour profiter pleinement des possibilités offertes par le soft.
Le seul défaut est l’absence de code pour chaque niveau, à ma connaissance le jeu n’en délivre qu’un seul à la fin du 4ème.
La bande à Ulrich a réussis son coup en proposant un jeu innovant et au fond très humain puisqu’il arrive à créer de l’empathie avec son sujet, un véritable coup de maître : ata ata hoglo hulu ! oserais-je dire !
Un des jeux les plus créatif des années 90, un bijou à essayer d’urgence et très utile quand on a une androïde à élever à la maison !

Graphisme : 7/10
Son : 9/10
Game play : 8/10
Difficulté : Moyenne

Note Globale : 8/10

Edité par Virgin Games en 1990
Equipe de développement : Cryo
Design : Philippe Ulrich & Remi Herbulot
Code: Patrick Dublanchet
Graphismes : Michel Rho
Musiques et SFX : Stéphane Picq, Philippe Eidel, Arnaud Devos et The Bulgarian Voices

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Musique:

En plus :
J’ai toujours trouvé que le visuel du jeu était une réussite visuelle, il trouva une place de choix sur le mur de ma chambre