Ports Of Call – Chronique


 
Sur Amiga des jeux de gestion il y en a légion, par contre les softs concernant la gestion de fret maritime se faisaient bien plus rare.
Vas-y que je te propose de construire des villes, poser du rail, monter des derricks pétroliers, trader en bourse…mais faire du pédalo, tu peux te brosser Martine !
Heureusement on pouvait faire confiance à nos amis allemands pour nous pondre les jeux de gestion les plus complets (et les plus improbables) et ce encore aujourd’hui.
Ports Of Call édité par Aegis en 1987 détonne un peu dans une époque où les conversions de jeux d’arcade étaient plébiscitées par le public.
On pourrait croire qu’un jeu reposant sur les mécanismes d’import/export de marchandises par voies maritimes se révèlerait vite chiant comme la mort…or il n’en n’est rien.
 

 
Ce jeu vous propose de monter votre propre compagnie avec un budget de 4 millions, à vous de déclarer votre pavillon dans le pays que vous souhaiterez.
Cela aura une incidence car il faudra régulièrement rentrer régulièrement dans votre port d’attache pour administrer votre société
au risque d’encourir des pénalités pour manquement de présence à votre poste de gérant.
Avec votre oseille direction le marché aux bateaux, plusieurs choix s’offrira à vous : acheter une épave et la retaper,
soit un bateau plus entretenu au risque de diminuer sensiblement votre trésorerie où bien de luxueux tankers flambants neufs hors de portée de votre bourse du moins en débute de partie.
 

 
Évidement il y aura la possibilité de revendre, voire de spéculer sur les prix pour faire un profit mais là n’est pas le but du jeu.
Pavillon en place à vous de dénicher les bonnes affaires et d’écumer les sept mers pour acheminer diverses marchandises à bon port.
Avec de l’expérience le joueur saura dénicher les bons plans viables pour une longue traversée avec ou sans limite de durée.
Il vous sera toujours possible de faire passer en douce de la marchandise en contre bande…mais il y aura toujours un risque de se faire pincer par les douanes.
Mais Ports Of Call ce n’est pas que de la gestion, les concepteurs ont eu le bon goût d’intégrer au game play des séquences d’actions.
Certes ce n’est pas folichon, mais suffisamment bienvenu pour créer du rythme et rendre le jeu moins chiant qu’un simulateur de vol à la flight simulator.
Et ça commencera dès la sortie du port où vous devrez contrôler les mouvements du bateau pour lui faire emprunter sans encombres l’accès au grand large.
Si les moyens vous le permettent vous pourrez toujours payer un remorqueur pour sauter cette étape. Toutefois gardez votre argent pour l’accostage qui sera bien plus délicat :
amarrer votre rafiot ne sera pas une promenade santé tant que l’opération se révèlera délicate, mais pas impossible, au vu de la zone d’amarrage à atteindre.
 

Ces opérations de pilotage se répéteront en haute mer pour éviter des icebergs, des bateaux à la dérive ou des bancs de sable.

 
Vous tomberez même sur des naufragés dans leurs coques de noix qu’il faudra tenter de sauver.
 

 
Évidement le soft vous fait le coup de la tempête à contourner qui vous fera perdre du temps pénalisant une livraison devant être effectuée dans un temps imparti.
 

 
Tout y est ! même la quarantaine en cas de maladie au sein de l’équipage, les pirates qui pilleront la cargaison et l’invasion de rats dans les cales :
rien ne vous sera épargné, la vie de capitaine au long cours n’est pas de tout repos !
Pensez à surveiller le niveau de carburant et l’état de votre épave flottante, il serait dommage de tomber en rade en plein océan : bref on ne s’ennuie pas dans cette aventure.
 

     

 
Le jeu est graphiquement agréable à l’œil, ce sont les graphistes de Defender Of The Crown qui se sont chargés du boulot et c’est plutôt réussi.
Pour l’animation, malgré un effort réalisé c’est service minimum, toutefois cela ne nuira pas à l’expérience de jeu.
En ce qui concerne le son c’est le calme plat, une petite musique pendant le menu de sélection et puis…plus rien hormis de discrets bruitages de mer et le gonflant bruit des moteurs diesel de votre barque.
Très facile d’accès, le jeu se veut intuitif avec une prise en main très rapide.
Les menus sont peu nombreux et clairs, le joueur ne sera pas submergé d’informations complexes à décoder comme c’est souvent le cas dans ce genre de programme.
Le jeu vous proposera de paramétrer une durée limite ou pas, le but sera de faire prospérer votre entreprise en évitant banqueroute.
Le seul reproche à pointer du doigt est l’absence d’une réelle concurrence qui aurait apporté du challenge, parfois on se sent bien seul à transbahuter des containers d’électroménager à Macao.
 

 
Ports Of Call a un « je ne sais quoi » qui le rend attrayant, sans doute d’une part le sentiment de liberté et d’évasion dû au genre
et d’autre part l’alternance de phases sérieuses et de phases d’action qui rythme efficacement le gameplay.
En tout état de cause, l’originalité de ce soft le rend unique : un jeu pas comme les autres qui risque de vous coller la souris dans la main.
En ce qui me concerne je lève l’ancre pour voguer sur les flots, administrer mes nombreux voiliers, optimiser mes exportations au-delà des méridiens pour toujours accroitre mes profits, hardi moussaillon !
♪tiens bon la barre et tiens bon le vent …♫
 

 
Pour les germanistes allez voir du côté de « Der Reeder » une autre simulation de fret maritime très aboutie mais hélas non traduit comme la plupart des productions teutonnes.

Graphisme : 7/10
Son : 5/10
Game play : 8/10
Difficulté : Moyenne

Note Globale : 7/10

Edité par Aegis en 1987
Code : Rolf-Dieter Klein, Martin Ulrich
Graphismes : Richard LaBarre, Jim D. Sachs
 

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